Réalisation d'un analyseur nitrox DIY

Étape suivante dans ma carrière de plongeur curieux, ce soir je creuse la question de savoir comment marche un analyseur nitrox. À vrai dire ça fait déjà quelques temps que j'ai compris comment ça fonctionne mais l'idée principale qui me motive en ce moment est de pouvoir donner une seconde vie aux cellules "oxygène" du recycleur.

Généralités

Après avoir lu la documentation suivante (comprendre_les_capteurs_o2.pdf) vous connaissez maintenant le principe de fonctionnement d'une cellule d'analyse de recycleur.

Pour résumer, il est donc possible de mesurer la tension aux bornes d'une cellule d'analyse d'oxygène pour en déduire la quantité d'oxygène du mélange analysé !

Plus il y a d'oxygène et plus la tension mesurée sera haute et inversement. Et pour mesurer la tension quoi de plus banal qu'un multimètre ?

Un test rapide pour voir si c'est aussi simple que ça est visible sur les images suivantes:

  • la cellule affiche 9.5 mV sur le multimètre
  • cette même cellule une fois connectée sur la 3° entrée de l'ordinateur du recycleur indique 9.6 mV ...

L'étape suivante est de mettre en place un convertisseur automatique pour afficher directement la teneur en O2 du gaz analysé ... une simple règle de trois et le tour est joué.

Alors, pour ce qui est de la question des cellules qui ne sont plus utilisables dans un recycleur mais qui le sont encore pour tester du nitrox ... pourquoi ?

Parce-qu'elles commencent par ne plus être fiables pour une ppo2 > 1+ (ce qu'on teste systématiquement en fin de plongée quand à 6m on fait notre rinçage à l'oxygène pur ... on sait alors qu'on doit être à une ppo2 autour de 1.6 et c'est là qu'on peut détecter des cellules en "fin de vie pour le recycleur"). Mais pour tester du nitrox < 40% elles sont encore utilisables un certain temps.

Il faudra donc régulièrement tester cette cellule avec des mélanges de référence, par exemple l'air, le nitrox du bail-out qu'on a testé déjà il y a plusieurs mois (vu qu'on ne l'utilise pas) et pourquoi pas aussi un petit coup avec de l'oxygène "pur". Dès que les résultats affichés par rapport à des mélanges connus ne sont plus raccords on pourra définitivement déclasser cette cellule.

Un peu de Mécanique et de 3D

Pour varier les plaisirs ... ça serait pas mal d'avoir un objet modifiable ("hackable") en fonction des retours / tests / usages "en vrai", j'ai donc utilisé la forme assez habituelle des analyseurs nitrox et lancé la réalisation à l'imprimante 3D.

Les pièces complexes sont délicates à réaliser en impression 3D, celle ci est donc conçue en deux parties qui seront assemblées (collées) par la suite:

Premier proto

Quelques heures plus tard voici le 1er résultat ... la cellule s'insère bien dans la place prévue à cet effet, je peux repasser sur la partie électronique pour trouver un vieux connecteur molex à 3 points en attendant de recevoir le multimètre à 15€ commandé sur le web.

Étape suivante : tout assembler, un peu de soudure, du bricolage et ... en attendant je continue avec mon multimètre et ma règle de trois.

Application du principe:

Ma cellule affiche 9,6mV au contact de l'air qui est donc grosso-modo à 21% d'oxygène. Une petite règle de trois me dit qu'elle devra afficher 46.6-47.0 au contact d'oxygène pur ... ça tombe bien j'ai justement un bloc d'oxy pur sous la main.

Et inversement, j'ai confié mon bloc "bail-out" à gonfler à 32% d'oxy ... donc la cellule devrait alors m'afficher une valeur autour de 14.9 - 15 mV.

Vérifions tout ça :

Avec l'oxy "pur" voilà ce que ça donne

Et mon bail-out :

Ça confirme l'idée qu'il est important de ne pas seulement se fonder sur la valeur de l'air ambiant et de calibrer la sonde sur deux mélanges connus ... même si au final l'erreur est "acceptable"' surtout compte tenu qu'on n'a jamais de valeurs exacte à 1% près.

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