04 04 2017 : premières respirations dans un recycleur ...

Ça fait des années que j'en parle, que je me documente, que j'assiste à des conférences ou des ateliers, que je bavarde avec des plongeurs sur le sujet, ça y est c'est fait, j'ai respiré dans un recycleur !

Et pourtant au Salon de la plongée j'avais pris l'engagement personnel de ne pas y toucher avant 2018 ... mais là quand Marc nous a proposé de tester ça aurait été vraiment con de ne pas dire "oui".

C'est partis pour le monde du silence, pour l'absence de bulles et pour ... la fin du poumon ballast !

Quelques heures magiques de présentation de la théorie par Marc Crane co-fondateur du centre de plongée (notez son nom c'est une référence et une pointure dans le petit monde des instructeurs recycleurs). Je note la chance d'avoir pu bénéficier de quelques jours très techniques en sa compagnie, en particulier sur l'ouverture, le démontage complet et remontage intégral des blocs oxy-clean ... mise à jour du billet à venir.

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Explications archi intéressantes même si pour ma part j'ai déjà tout ça bien en tête en particulier pour ce qui est des recycleurs de la marque rEvo, il faut dire que Benoit San-Nicolas m'avait déjà convaincu lors du stage vidéo de Marseille et que depuis cette époque je me documente sur le sujet. Sans parler des conférences "plongeurs sout'" et autres échanges techniques essentiellement avec les plongeurs "souterraine / cave" ... (Bernard et son Tryton à la boucle bleue dernièrement par exemple) ...

Pour les informations techniques : on se fixe un objectif de ppo2 de 1.3 et petite question rigolote de Marc au sujet de la tentative du rEvo d'atteindre le 1.3 lorsqu'on est à l'atelier : "pourquoi il injecte de l'o2 en permanence ?" réponse "facile": il n'est pas possible d'atteindre une ppo2 de 1.3 en surface il est donc assez con pour tenter d'y arriver et essaye ...

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Bref, ça cause donc (en anglais) redondance, cellules, capteurs d'O2 et autres joyeusetés techniques (diluant etc.). Juste le nécessaire pour qu'on sache ce qu'on aura sur le dos dans quelques heures ... je suis impatient ... jusqu'au moment de l'information en cas de noyade de la boucle ça vous coûtera pas loin de 1000€ les ptits gars donc si vous devez passer sur le bail-out où si vous voulez bavarder en surface PENSEZ À FERMER LA BOUCLE avant de lâcher l'embout.

Moi qui crache souvent mon détendeur en pleine plongée pour déglutir ou me "rincer" la gorge (sèche à cause de l'air du bloc) je fais un petit "gloups" et tout à coup je suis un peu moins impatient d'aller tester tout ça.

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Direction la plage de Mélasti à côté du club de plongée

Mais Marc ne nous laisse pas trop le temps de cogiter et de changer d'avis, hop dans le camion direction la plage juste à côté, parfaite pour l'expérimentation : du sable (on ne risque donc pas d'écraser la vie marine si jamais on n'arrive pas à s'équilibrer) et un fond à maximum 6m, parfait même si on se plante complètement dans les boutons et qu'on balance 100% d'O2 dans la boucle on ne risque pas de s'intoxiquer !

Au passage je remercie les copains de m'avoir permis de faire le stage nitrox avancé, je suis bien au fait de tout ça et c'est vraiment un plus appréciable.

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Nous avons droit à deux fois 25 minutes, je suis avec mon binôme de formation DM : Thomas.

Je décide de commencer par l'AP évolution+ et de garder le rEvo en 2° test, j'ai déjà pipé les dès ... je me laisse 25 minutes pour comprendre comment ça marche pour ensuite prendre 25 minutes de bonheur éventuel si tout ceux que je connais et qui m'ont parlés du rEvo après avoir essayé d'autres marques sont de bon conseil ... :-)

Merci Thomas d'avoir pris cette seule photo que j'aurais de moi pour ce test, les photos suivantes sont de la 2° paire de testeurs : Yannick et Lizy mais je profite de ce support photo pour continuer mon bavardage.

Bon, Marc nous colle donc un rEvo sur le dos pour Thomas et un AP pour moi. Première impression je m'attendais à un truc plus lourd, finalement c'est pas beaucoup plus qu'un bloc acier normal ou qu'un bi. Ensuite j'ai mal au niveau des points de pression des D-Ring, c'est clairement pas à ma taille et/ou si c'était mon matos je ferais quelques adaptations pour éviter d'avoir une pièce en métal sur la clavicule (AP) ou sur les reins (rEvo).

Marc est en "circuit ouvert" pour nous accompagner et nous aider / former. Il a une capacité d'enseignement hallucinante, et même si je ne comprends pas la moitié de ce qu'il raconte au 1er coup c'est limpide et je finis toujours par recoller les morceaux. (grrrrr la barrière de la langue et surtout je patine avec le vocabulaire, autant je connaît bien tout en français autant les appellations anglaises me laissent par moment complètement sec, je vais vous faire un petit dico de frenchy-ricco<->english un de ces 4 ça va vous faire marrer).

Une fois le machin sur le dos on apprends à respirer dedans "en surface" quelques bonnes 5 minutes avant d'aller à l'eau. Concentration et apprentissage pour repérer les boutons "les yeux fermés", je ressent une sorte de sérénité intérieure assez surprenante, un truc du genre "toi t'es mon meilleur copain pour les 30 prochaines minutes et on va se régaler tous les deux".

Marc s'assure que l'électronique fonctionne correctement et comme j'ai l'embout en bouche je m'interdit de lui poser des questions pour comprendre un peu mieux, ça viendra en son temps.

Aucun problème pour respirer, d'autant plus que l'AP a une valve pour injecter du diluant tout seul quand il manque d'air dans les faux poumons (dans la boucle en fait, c'est juste une question de pression).

Apprentissage de comment "vider la boucle" : on respire par la bouche et on souffle par le nez ... j'ai le sentiment que par moment il faudra faire ça super vite pour éviter de s'envoler à la remontée.

Apprentissage de regarder les informations de base de l'ordinateur qui affiche les 3 valeurs de ppo2 des 3 cellules d'analyse en temps réel.

J'avoue que c'est la classe. Ça a un petit côté cosmonaute ... je surveille que l'air que j'inspire contient assez d'O2 pour ne pas être en manque (Hypoxie) ou en surdosage (Hyperoxie) ...

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Vue de dos, au milieu le coeur du recycleur avec la zone qui contient la chaux qui piège le CO2 à la sortie des poumons et de chaque côté un bloc, l'un contient du diluant (air dans mon cas) et l'autre de l'oxygène pur qui sera ajouté à la demande dans la boucle après que le CO2 ait été piégé.

Et en sandwich entre tout ça et mon dos se trouve les faux poumons, pour faire simple un gros sac dans lequel se trouve l'air qui n'est pas dans mes poumons.

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Une fois dans l'eau et le bloc de sécurité (bail-out) fixé sur le côté (ça me rappelle les plongées souterraines c'est dingue de voir en fait comme tout semble se connecter naturellement) on s'éloigne un peu pour trouver un fond sur environ 4m, signe descente et zouuu vidage de la stab ... et vieux réflexe d'essayer de vider les poumons ... pour ma part le plus gros risque de noyer la boucle réside dans les quelques gros éclats de rires que je vais m'auto-provoquer en prenant conscience de ma connerie.

Bref, j'arrive au fond mort de rire de ma bêtise, car on a beau savoir que le poumon ballast n'existe plus je n'ai pas pu m'empêcher d'essayer de l'utiliser pour gérer le début de la descente et pour amortir l'atterrissage ... Pouf au fond donc, genoux sur le sable et petit exercice de "passage sur le bail-out" qui est véritablement la "porte de sortie en cas de panne du recycleur".

Une fois cette manipulation faite, recherche de l'équilibre (stabilisation) et direction le tour de piste jusqu'à 6m de fond et retour plage.

Le premier tour avec l'AP je suis resté focalisé sur la flottabilité et j'ai essayé de comprendre et de me forcer à faire la mécanique de "pour vider la boucle expire par le nez", ça marche bien et je commence à me régaler quand Marc nous propose de faire un peu de nage sur le dos, ben t'a beau expirer, vider tes poumons, tu ne bouge pas d'un centimètre vers le bas, je respire un grand coup, rien à faire je ne monte pas non plus, l'absence de poumon ballast est une réalité ... je souffle par le nez et zouuu ça descends, je descends de deux mètres et j'ai plus assez d'air dans la boucle (forcément) ... c'est une nouvelle gymnastique à prendre en main.

Le second tour avec le rEvo c'est la ... révélation absolue, pardon à toutes et tous mais je vous l’affirme haut et fort dans les prochains mois je passe au recycleur pour de vrai, c'est une certitude, sauf catastrophe mon avenir de plongeur sera en recycleur.

La stabilisation est absolument parfaite, j'ai fait le test de mettre mon index sur un cailloux puis de le soulever de 1cm, 10 inspirations plus tard je n'avais toujours pas touché le cailloux et je m'éloigne pas non plus ! en l'absence de courant c'est l'arme absolue de la stabilité sous marine pour le vidéaste que je suis c'est ... le rêve.

Ensuite l'absence de bruit ... vous n'allez pas me croire mais ma 2° plongée a été perturbée par le 1er étage du bloc de bail-out qui laissait s’échapper une petite ribambelle de bulles ... beurk quel bordel ça fait ce truc :-) je pose un index sur la "fuite" pour essayer de la stopper un peu et c'est un silence absolu, j'entends le détendeur de marc à 5m de moi ... nouvel éclat de rire, nouvelle possibilité de noyer le circuit ... hum.

Enfin, j'ai pris le temps de "jouer / comprendre" avec ma ppo2, sur le rEvo je dois décider de ce que j'injecte dans la boucle à la différence de l'AP qui injecte tout seul du diluant quand il y en a besoin (j'imagine qu'il suffirait d'ajouter une valve automatique sur le rEvo mais c'est bien mieux comme ça en mode manuel je peux faire des tests pour voir si j'ai bien compris).

Je zyeute donc la ppo2 sur l'ordinateur, les trois indicateurs sont à 0.9, je fais deux expirations par le nez et rajoute du diluant dans la boucle, paf ça tombe à 0.7, j'expire par le nez et injecte de l'oxygène ça remonte à 0.9 ... je pense avoir compris la base du truc et c'est pas un éclat de rire pour le coup, c'est juste un énorme sourire et une sensation de joie.

Au point où quand Marc nous fais signe "bon les tit gars on rentre" je choppe Thomas et lui fais signe "on la joue à la Antoine ?" tu pars pleine balle à l'est et moi je fonce à l'ouest, au pire Marc arrivera à en chopper un des deux mais on a au moins 3h d'autonomie devant nous et on ne fait pas de bulles donc quasi invisibles depuis la surface ... nouvel éclat de rire.

Belle journée. Merci Marc, Merci Antoine, Merci Bali Dive Trek.

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Commentaires

7 avr. 2017 19:08

Je lis ton post avec des yeux ébahit :) et j’imagine la joie que tu as pu ressentir

Lea
9 avr. 2017 18:40

Et ben mon cochon Didou

10 avr. 2017 13:26

Super je suis contente pour toi, je ne sais pas si cela me tente?
Sinon T où? Toujours à Bali? Et es tu Dive master?
Bisous
Domi

Dominique
15 avr. 2017 10:38

Eeeenorme !! Quel Jedi!!! On y est avec toi!

Gil

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